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L'entretien avec le jury du concours de gardien
Je vous rappelle l'intitulé exact de l'épreuve :
"Entretien permettant d'apprécier les qualités de réflexion et les connaissances du candidat ainsi que son aptitude et sa motivation à exercer l'emploi
postulé." (25 minutes ; coefficient 4).
Les examinateurs disposent, pour aide à la décision, des résultats des tests psychotechniques passés par le candidat au moment de l'admissibilité, interprétés par le psychologue.
Lors de cet entretien, on reconnaît souvent plusieurs phases :
- une phase où vous vous présentez (nom, prénom, âge, niveau d'études, situation familiale, situation professionnelle/scolaire).
Préparez-vous à justifier vos choix, par exemple pour les études que vous avez suivies ou pour vos changements d'orientation professionnelle. Vous pourrez aussi
être amené à évoquer votre personnalité, par exemple vos qualités et défauts : réfléchissez-y avant le jour de l'entretien car, spontannément, ce n'est pas toujours facile. Réflechissez
aussi aux qualités dont doit faire preuve un gardien de la paix (exemples : sens du service public, sens du contact humain, sans-froid, ouverture d'esprit, probité, etc.).
- une phase où vous évoquez vos motivations, c'est-à-dire les raisons pour lesquelles vous souhaitez devenir gardien de la paix.
Cela peut être, par exemple, l'envie de lutter contre la délinquance, l'envie d'être utile (la notion de service public est importante). Une erreur fréquente à
éviter, c'est d'axer vos motivations sur votre envie de promotion, en particulier, l'envie de devenir lieutenant : vous devez montrer une motivation pour l'emploi auquel vous postulez, c'est-à-dire
celui de gardien de la paix.
- une phase où vous êtes interrogé sur votre culture générale ("les connaissances du candidat", pour reprendre l'intitulé de l'épreuve)
Les thèmes sont bien sûr très variés. On retrouve néanmoins fréquemment l'actualité récente (je vous invite donc à suivre les journaux télévisés avec attention durant
les semaines qui précédent votre entretien), mais aussi les problèmes de société (la violence, le terrorisme par exemple). C'est aussi dans cette phase que vous
pourrez intérrogé sur votre connaissance de la Police nationale.
- une phase de mise en situation, où vous êtes interrogé sur votre comportement ou vos réactions face à des situations auxquelles un
policier peut être confronté :
- Vous êtes gardien de la paix. Vous effectuez une patrouille avec deux collègues dans un quartier sensible quand une une douzaine de jeunes vous
entourent, vous provoquent par des insultes et vous menacent (à l'aide de couteaux, battes de base-ball, etc.). Que faîtes vous ?
- Votre supérieur hiérarchique vous demande d'aller expulser les locataires de l'appartement qu'il loue et qui ne paient plus leur loyer depuis
trois mois. Que faites-vous ?
De manière générale, cet entretien est assez difficile : le jury n'est généralement pas tendre et cherche souvent à déstabiliser le candidat. Il n'hésite pas
à lui couper la parole, à le contredire ou à lui poser des questions embarrassantes (exemple : pensez-vous qu'en tant que femme, vous avez votre place dans la Police nationale ?), provocantes (exemple :
vous arrêtez vos études après deux années à l'université parce que vous ne savez pas ce que vous voulez, parce que vous êtes inconstant)
ou "surprenantes" (exemple : pourquoi vous êtes vous assis à cette place ?).
Pour vous aider, voici, en vrac, quelques conseils complémentaires :
- Ne faites pas trop attention aux attitudes négatives du jury : elles ont souvent pour but de vous déconcentrer ou de vous déstabiliser.
- Lorsque vous ne connaissez pas la réponse à une question, n'hésitez pas à dire que vous ne savez pas car il n'y a pas de honte à ne pas tout savoir (c'est mieux
que répondre n'importe quoi).
- Lors des mises en situation, il ne faut oublier que vous êtes relié par radio à votre commissariat : n'hésitez pas à signaler tout problème par radio (c'est
un peu un réflexe dans les forces de l'ordre). Évitez aussi l'emploi des armes à feu : la Police ne recherche pas des cow-boys. Vous êtes aussi équipé d'armes
non létales (bâton de protection ou Tonfa, gaz lacrymogène). Enfin, sachez que vos réponses doivent toujours rentrer dans le cadre du
code de déontologie qui s'applique à
la Police nationale.
- Ne vous énervez pas si le jury est un peu "lourd" ou vous "agresse" : il cherche surtout à vérifier que vous ne perdez pas trop vite votre sang-froid.
- Faites aussi preuve de spontanéité et d'honnêteté dans vos réponses.
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